Paroles de coach : Ben Ryan

Je vous propose de découvrir l’extrait d’une interview donnée (L’Équipe du 27/11/17) par Ben Ryan, coach champion Olympique en titre de Rugby à 7 avec les Fidji et actuel consultant pour l’Équipe de France à 7 qui prépare le Mondial en juillet prochain.

Morceaux choisis

L’Équipe : Comment avez-vous vécu la finale olympique face à la Grande-Bretagne ?

Ben Ryan : Les joueurs étaient super relax, plus détendus que jamais. Presque trop. Ils sont arrivés en retard à l’échauffement parce qu’ils dansaient dans les vestiaires. Pendant ce temps-là je regardais l’équipe de Grande-Bretagne : ils étaient raides, sans émotions, ils criaient. Nos gars se sentaient tellement bien préparés, tellement ensemble, tellement capables….

L’Équipe : C’est difficile dans ces circonstances de ne pas intervenir ?

BR : En tant que coach, vous pensez à votre causerie d’avant match. Et avant une finale olympique, on en rêve ! Mais là je les ai vus et je me suis dit : je ne vais rien dire. Je leur ai juste donné l’accolade et j’ai souri. Vous devez être un bon baromètre, vous devez comprendre comment l’équipe se sent. Et je savais que tout allait bien se passer.

L’Équipe : Vous avez l’air gentil, vous êtes très souriant, mais vous êtes autoritaires parfois ?

BR : Ça fait partie des messages que j’aime passer. Vous pouvez être gentil et à la fois impitoyable. Vous pouvez être agréable avec les gens et avoir quand même de hautes exigences. J’ai été coaché par des entraîneurs du genre à me féliciter chaudement un jour et à ne pas me parler le lendemain parce que j’avais mal joué. Il faut de la cohérence. Mais pas besoin d’être désagréable pour obtenir de la discipline.

L’Équipe : Vous criez avec le sourire ?

BR : En quelque sorte. Deux de mes meilleurs joueurs n’étaient pas aux Jeux pour des questions de discipline. En sport tout doit être blanc ou noir. On ne peut pas avoir de gris. C’est très important qu’il n’y ait pas de gris. Le plus gros danger c’est le manque de cohérence. En tant que coach, 99% du temps je peux être super avec les gens, mais si je vous dis un truc de travers, un truc dont vous allez vous souvenir, je vous ai perdu. Donc il faut être cohérent dans son comportement, ouvert par rapport au niveau de chacun et être blanc ou noir. Le truc qui tue tout programme, toute équipe, toute entreprise, c’est le gris. Il faut être absolument clair.

L’Équipe : Sinon les joueurs ne comprennent pas ?

BR : Ou alors ils vont s’engouffrer dans la brèche. Et dans ce cas-là, le niveau de performance chute, la discipline aussi. Vous les perdez.

L’Équipe : Quelle est selon vous la principale caractéristique d’un champion ?

BR : J’ai eu la chance de rencontrer des champions extraordinaires, dans toutes sortes de sports et leur point commun c’est vraiment qu’ils ont tous l’impression de pouvoir s’améliorer et qu’ils travaillent tous très dur pour cela. Plus dur que n’importe qui et ce même s’ils ont énormément de talent. Ils ne se reposent jamais sur leurs lauriers.

L’Équipe : Vous lisez beaucoup de livres ?

BR : Je n’ai jamais lu un livre sur le coaching. Jamais lu un livre sur le rugby. J’ai lu des livres sur la vie et des autobiographies. C’est de là que je tire mon inspiration.  

 

Réflexions