Dan Carter parle de la préparation mentale... Tout y est !

Morceaux choisis d’un entretien paru dans l’Équipe, le 9 novembre dernier...

A propos de l’équipe : 

DC : « La base est de ne jamais oublier que le rugby est un sport d’équipe. Si un gars agit motivé par son seul intérêt, le groupe le remet en place. Tu peux être confiant, rouler des mécaniques… mais tes actions doivent être motivées par l’intérêt de l’équipe. Servir le groupe, plutôt que de s’en servir, sinon tu ne feras pas long feu sous le maillot noir. »

Comment insuffler l’exigence aux joueurs sans les inhiber avec la peur de l’échec ?

DC : « Un bon coach dirige ses joueurs selon leur personnalité. Certains ont besoin d’être poussés, d’autres d’un peu plus d’affection ou de douceur. L’important n’est pas le moyen employé mais le résultat : tirer le meilleur de chacun. Dans ce domaine, Steeve Hansen (actuel coach des All Blacks) est le meilleur. Il a toujours eu cette dimension humaine, cette intelligence émotionnelle. »

Gilbert Enoka, le coach mental s’occupe aussi des entraîneurs ?

DC : « Il écoute et observe en retrait. Il s’assure que les rouages sont bien fluides. S’il sent que quelque chose se grippe il fera un pas en avant. Il est le lien entre nous. »

A propos du management par le questionnement pratiqué en sélection :

DC : « On a besoin que les joueurs pensent par eux mêmes pour prendre les commandes en match. Si un coach est trop directif, les joueurs cessent d’écouter. En plus il n’est pas sur le terrain. Qui est mieux placé que les joueurs pour prendre en main leurs actions, la manière dont ils veulent développer le jeu. Certains coachs pensent que plus il y a d’instructions, mieux c’est. Chez nous, c’est aux joueurs de conduire l’équipe. » 

La préparation mentale a pris une dimension énorme pour les All Blacks ?

DC : « On ne peut plus se contenter d’être plus rapides, plus costauds, plus endurants. 
Avoir des idées claires, exécuter les bons gestes sous la pression, ça vient de l’esprit et ça il faut le travailler. »

Quelle était votre routine de retour au calme avant un coup de pied ? 

DC : « J’inspirais, je gardais l’air deux secondes puis j’expirais. Un geste essentiel, pour que toutes les pensées bonnes ou mauvaises disparaissent. Je venais de tomber un ballon, une petite tape sur la cuisse et c’était oublié. Plein d’athlètes sont pollués par les erreurs commises dix minutes avant. Il faut être dans l’instant présent pour ne plus penser à l’enjeu. » 

 

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