Une victoire et une difficile gestion des émotions !

C’est un 10ème saladier d’argent que vient de décrocher l’équipe de France de Tennis, emmenée par son emblématique capitaine Yannick Noah.

Pourtant, tout ne fut pas si simple dans la conquête de ce nouveau titre et à voir les attitudes des joueurs et de leur coach après la victoire, on devine que beaucoup de facteurs sont venus « parasiter » la conduite de cet événement.

Yannick Noah lui-même en conférence de presse d’après match déclare : « C’est dur parce que quand tu ne gagnes pas pendant 16 ans tout le monde s’habitue à perdre. Cette culture de la « lose » c’est dur, très dur… car tu ne joues même plus contre l’adversaire, tu joues contre des gens de ton équipe parfois. Notre équipe, c’est notre pays.

On gagne, on est hyper content… C’est dur de trouver les mots parce qu’on l’a tellement voulu, on a tellement rêvé de ce moment… on n’a pas de revanche à prendre sur rien mais c’était dur. Quand tu vois les Belges arriver, putain mais ils sont légers, et nous on a un truc lourd… ce n’est pas de notre faute, on essaye, on fait du mieux… mais c’était dur !

On a vécu une semaine de malade ; je n’ai jamais chialé autant, jamais eu autant de larmes, eu autant de douleur, j’ai jamais parlé autant aux êtres humains… ça n’a rien à voir avec le tennis ! »

La gestion des émotions est une étape fondamentale dans l’approche globale d’un événement à fort enjeu. Pour bien appréhender cette notion, il convient de prendre conscience des deux agitations qui résonnent en nous :

  • d’un côté, des émotions positives qui vont nous transcender, libérer nos énergies afin de performer et d’atteindre avec détermination et sérénité l’objectif fixé.
  • de l’autre, les émotions négatives qui nous empêchent de nous libérer, qui font ressurgir nos vieux démons de la crainte, des conséquences « en cas de », du doute, voire de la peur de vaincre.

Afin de renforcer l’état émotionnel positif d’un joueur (ou d’un groupe), il convient de :

  • procéder à une phase de verbalisation structurée à travers le questionnement (écoute & reformulation) afin d’identifier ce qui coince, bloque, empêche de se libérer… nous entraine dans le doute ou au contraire renforce, galvanise et nous donne pleinement confiance en nos capacités,
  • élaborer une stratégie mentale adaptée à chacun et à l’ensemble du collectif afin de se centrer pleinement sur la tâche à accomplir et trouver les parades qui vont permettre de contrôler au mieux nos émotions négatives,
  • rester éveillé et vigilant pour maintenir un contexte favorable à l’expression des talents individuels et collectif qui mèneront au succès.

Pour conclure, David Goffin (photo ci-dessus) déclare dans le journal l’Equipe du 29 novembre 2017 : « Quand j’étais jeune, je n’arrivais pas à garder [sous-entendu contrôler] mes émotions ; ça explosait ou plus exactement j’implosais. Il y a des matchs où je lâchais. MAIS J’AI APPRIS A GERER. JE TRAVAILLE AVEC UN PREPARATEUR MENTAL DEPUIS L’AGE DE 14 ANS. »

 

Réflexions